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kick la can

  • il y a 6 jours
  • 5 min de lecture

(traduction automatique - cet article mérite tellement qu'on le traduise convenableemnt! À VENIR...)


J'ai vu le film Anthropocène la semaine dernière. La façon dont il transforme la désolation et la destruction en beauté témoigne de la vision des cinéastes, mais bon sang, qu'est-ce que c'était déprimant ! Je suis sortie de la salle désespérée. Je ne peux pas dire que ce soit un sentiment familier, moi qui vis ma vie privilégiée dans ma petite ferme du Québec rural.

Le lendemain soir, assise à table, ma fille de quinze ans m'a demandé si j'étais optimiste quant à l'avenir du monde, et j'ai senti les larmes me monter aux yeux. Il n'aurait pas été juste de la laisser pleurer. Mais je ne pouvais m'empêcher de penser que, lorsqu'elle aura l'âge que j'avais à sa naissance, le monde, qui semble s'engager sur une voie quasi irréversible, sera probablement irrémédiablement perdu.

Non, je ne suis pas optimiste. Je vois le niveau de la mer monter et je sais ce que cela signifie. Je vois les incendies de forêt et les tsunamis, les tremblements de terre et les villes englouties sous les résidus miniers. J'ai l'impression que la planète essaie de se débarrasser de nous, comme un cheval qui remue les muscles pour chasser les mouches. Et comment lui en vouloir ?

Tant de communautés seront déplacées. Où iront-elles ? Il semble que la volonté des nations d'accueillir leurs semblables diminue au même rythme que la raréfaction des ressources de notre planète. Nous allons devoir rapidement améliorer notre capacité de partage, ce qui impliquera de faire preuve d'une tolérance envers l'autre qui semble de plus en plus rare de nos jours.

Vous imaginez bien mon état d'esprit. J'ai passé la soirée à me morfondre. Il est plus facile de rester paralysé face à l'ampleur de la tâche. Mais je ne peux plus rester les bras croisés.

Sur le plan personnel, cela a impliqué de renoncer à mon bain du soir adoré, de ne plus manger de viande (ne serait-ce que pour apaiser ma culpabilité lors de l'achat de billets d'avion), de réduire ma consommation globale et d'agacer mes enfants en refusant d'acheter des essuie-tout et des boîtes en plastique. Au lieu d'être agacée, je suis reconnaissante à la ville d'avoir intensifié ses efforts en matière de compostage en ne ramassant les ordures qu'une fois par mois. C'est un coup de pouce bienvenu pour faire mieux.

Sur le plan professionnel, cela s'est traduit par une immersion totale dans le domaine des maisons passives : fini les produits bas de gamme faciles à trouver en magasin, place à une véritable maîtrise des principes scientifiques et à une incitation constante de nos clients, souvent peu informés, à améliorer la performance énergétique de leur habitation. Comme le disait si bien Jesse Thompson¹, « une maison passive discrète ».

De toutes les choses que je peux faire, l'impact le plus important que je puisse avoir se situe sans conteste au niveau des maisons que nous construisons et rénovons. Je suis conscient du potentiel de réchauffement climatique des produits que nous utilisons² depuis nos débuts dans le domaine des sciences du bâtiment (merci, Yestermorrow³). Mais c'est Jacob Deva Racusin⁴, (avec ses collègues brillants, Ace McArleton et Chris Magwood) qui a véritablement mis le doigt sur ce problème lors d'une présentation il y a quelques semaines, après l'assemblée générale annuelle de Bâtiments Passifs Canada.⁵

L'énergie utilisée au Canada pour le chauffage et l'électricité représente un impressionnant 45 % de nos émissions de gaz à effet de serre, la majeure partie étant due à nos bâtiments.⁶ Et ce, sans compter l'énergie nécessaire à la production et au transport des matériaux de construction ni celle des contenants des produits que nous en retirons. C'est de loin la plus grosse part de ce gâteau polluant. Réduire le gaspillage énergétique de nos maisons n'est peut-être pas aussi attrayant que de conduire une Tesla ou d'installer des panneaux solaires, mais son impact est immédiat et considérable. Au Québec, nous avons tendance à afficher une certaine satisfaction, teintée de suffisance, quant à la propreté de notre hydroélectricité par rapport au charbon, au gaz naturel ou au nucléaire. Or, de nouvelles recherches indiquent des émissions beaucoup plus élevées de CO₂ (les affirmations d'Hydro-Québec, soit 0,4 kg CO₂e/MWh, ne sont pas corroborées par des études récentes qui les situent à environ 200 kg CO₂e/MWh)⁷ et de méthane (beaucoup plus nocif pour la planète que le CO₂).

Mais il ne s'agit pas seulement de le faire, il s'agit aussi de la manière. Certes, plus nos maisons sont étanches et isolées, moins nous consommerons d'énergie à long terme. Mais qu'en est-il des dégâts que nous causons à court terme en utilisant des matériaux de piètre qualité ? La mousse de polyuréthane haute densité et le XPS sont parmi les pires coupables, mais même l'EPS, la laine minérale et la fibre de verre ne sont pas sans conséquences.² Jacob et son équipe ont réalisé d'excellentes présentations comparant les émissions de CO₂ de tous types d'habitations : d'une maison aux normes avec un chauffage médiocre (10-24-38 avec une électricité produite à partir de charbon) à une maison étanche en mousse avec un excellent chauffage (20-40-60 avec une pompe à chaleur performante). Certes, à long terme (plus de 100 ans), la maison performante pourrait (oui, pourrait) surpasser la maison médiocre en termes d'émissions totales de CO₂, mais à moyen terme (50 ans), ce n'est pas le cas. Et à court terme, c'est une véritable catastrophe. En réalité, ce procédé libère immédiatement une quantité énorme de CO2 lors de la fabrication de ces produits nocifs. Vous voyez de quoi je parle : ils provoquent des démangeaisons, une odeur insupportable ou des maux de tête, le mode d’emploi exige généralement le port d’un masque ou d’une combinaison, ou bien on retrouve des petits résidus éparpillés sur le chantier ou collés à nos vêtements et à notre peau par l’électricité statique.

Je crois que l'Anthropocène m'a surtout fait prendre conscience que nous n'avons plus le luxe de penser à long terme. Seul le court terme compte. Nous ne pouvons pas nous permettre de passer les cinquante prochaines années à rejeter du CO2 dans l'atmosphère pour réaliser des économies d'énergie à long terme. Nous devons économiser l'énergie SANS émissions de CO2 dès maintenant. Et si nous pouvons utiliser des produits d'origine végétale pour stocker le carbone dans nos bâtiments, nous faisons doublement du bien. Il n'y a aucune raison valable de ne pas le faire. Le Québec est sans doute la province la plus en retard en Amérique du Nord en matière de construction. Notre code du bâtiment est complètement archaïque et les organismes censés le faire respecter (ce qu'ils font très mal) n'y connaissent rien en sciences du bâtiment. Trouver des produits écologiques est un véritable casse-tête. Mais même NOUS pouvons trouver tout ce dont nous avons besoin.

Oui, il y a un prix à payer, mais soit nous le payons, soit nos enfants le paieront. Il est temps de se réveiller et d'accepter qu'il est temps d'arrêter de repousser l'échéance. Il n'y a plus d'échappatoire.

 
 
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