Construire mieux
- Marie Francis

- 17 avr.
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 6 jours
Il y a une conversation qu'on hésite à avoir dans l'industrie de la construction, parce qu'elle remet en question un modèle qui rapporte bien : la maison neuve doit-elle toujours être de plus en plus grande ?
La maison moyenne construite au Québec a presque doublé de superficie depuis les années 1970, alors que la taille des ménages a diminué. On construit plus grand, plus loin, sur des terrains qui grugent des terres agricoles ou des milieux naturels, dans des développements qui nécessitent des kilomètres d'infrastructures partagées, routes, égouts, aqueducs, services, financés par l'ensemble de la collectivité.
Chaque pied carré construit a un coût environnemental. Bien dimensionner une maison, c'est l'un des actes les plus concrets qu'on puisse poser en faveur de la durabilité. Une maison de 1 500 pi² bien conçue, où chaque espace est pensé et utile, c'est profondément plus responsable qu'une maison deux fois plus grande avec des pièces qu'on n'habite pas vraiment.
Le bon dimensionnement, c'est aussi la densité. Le jumelé, le bi-générationnel, le plex, le logement secondaire dans un bâtiment accessoire : des formes d'habitation qui partagent les murs, les toits, les infrastructures, les services, et qui permettent à plus de gens de vivre dans des milieux de qualité.
Ce n'est pas qu'il faille construire moins, au sens où il faudrait construire moins de logements. Le Québec en a besoin, et beaucoup. C'est qu'il faut construire différemment : mieux localisé, mieux dimensionné, mieux construit pour durer, avec des formes d'habitation qui partagent les ressources plutôt que de les multiplier.
Nous, cette conversation, on l'a souvent avec nos clients dès les premières rencontres. Elle n'est pas toujours facile, et il faut être honnête : on travaille surtout en milieu rural et dans de petits villages, dans des contextes où la voiture reste souvent incontournable et où les projets sont loin des grands centres. Mais on peut quand même parler de taille. Un projet bien dimensionné, avec des espaces qui répondent vraiment aux besoins des gens qui vont y vivre, c'est toujours un meilleur projet qu'un bâtiment trop grand, construit par habitude ou par peur de manquer.
Construire mieux ce qui reste, c'est une formule qui profite à tout le monde et à la planète...


